Serica - l'impression sous pression

Par Xavier Frère pour L'Est Républicain


Nancy. Serica Services, sur le site de Velaine-en-Haye de 13.000 m2 qui emploie actuellement 92 personnes, traverse une passe très délicate. Cette semaine, le tribunal de commerce de Nancy a octroyé aux dirigeants, Renate Hosp, directrice générale et Christian Riera, le PDG, un délai supplémentaire (jusqu’au 18 octobre) pour fournir certaines pièces, en priorité le bilan 2011, année pour laquelle le tribunal ne dispose apparemment d’aucun chiffre. Un complément d’information nécessaire avant de prendre, une semaine plus tard, une décision définitive.


La liquidation ou le redressement judiciaire sont redoutés pour cette société, qui culminait il y a quelques années au sommet de l’impression hexagonale, voire européenne. Une PME alors leader en sérigraphie grands formats, multisports et PLV, avec un portefeuille de clients impressionnant, de Mc Do à Chanel, en passant par BMW, JC Decaux ou même le Musée d’art moderne de NewYork.


Revitalisation ?


En redressement judiciaire début 2009, Serica avait été intégré au groupe « Impressions et services », basée à Herblay (Val d’Oise) dirigée par cette femme d’affaires franco-allemande et cet ancien cadre bancaire. Six mois après la reprise, Mme Hosp affichait fièrement que « le chiffre d’affaires était passé en six mois de 200.000 à 950.000 euros », elle avançait même le chiffre de 1.400.000 euros à l’horizon juin 2010. Qu’en est-il réellement ?


Les ambitions et les chiffres visés n’ont semble-t-il pas résisté à la réalité d’un marché devenu plus concurrentiel, ou à d’autres paramètres moins visibles, plus propres à la société, sur lesquels le tribunal sera amené à se prononcer. Toujours est-il qu’une baisse d’activité substantielle a été enregistrée, selon quelques salariés. Et depuis de longs mois.


La situation difficile de l’entreprise aurait également amené le préfet, et même l’inspection du travail, à se pencher sur son cas. En janvier 2010, la patronne annonçait également que, « dans le cadre de la revitalisation du bassin toulois », Serica toucherait « 450.000 euros de Michelin » La société a-t-elle effectivement touché cette somme ? Et si c’est effectivement le cas, cela n’aura-t-il pas été suffisant pour retrouver un aplomb financier ?


D’autres signes ne prêtent guère à l’optimisme pour l’avenir de Serica. Il y a moins d’un mois (le 6 septembre), le tribunal de commerce du Val d’Oise prononçait une liquidation judiciaire visant « Impressions et services », la maison-mère, tout en autorisant « une poursuite d’activité jusqu’au 6 novembre ».


Au niveau du groupe, un passif de 15 millions d’euros était même évoqué.


L'article original sur estrepublicain.fr


Commentaire


En tant qu'ancienne salariée de Serica, j'ai été auditionnée par la Brigade Financière dans le cadre de l'affaire qui touchait l'entreprise que j'avais quittée quelques mois plus tôt.


Quand je suis arrivée à la brigade, je n'avais pas la moindre idée de ce que cette convocation signifiait. C'est l'officier en charge de mon audition qui me l'a expliqué d'entrée de jeu : j'étais accusée par d'autres employé·e·s d'avoir participé à des faits graves de détournements et d'avoir bénéficié d'avantages particuliers.


L'officier n'avait alors aucune idée du fait que j'étais en conflit ouvert avec l'équipe dirigeante depuis la reprise de l'entreprise par Mme Hosp, justement à cause des dysfonctionnements incessants et des mensonges répétés qu'elle faisait circuler sur l'entreprise.


J'ai donc été interrogée pendant près de 2 heures pour répondre de faits précis me concernant ou concernant des clients ou encore d'autres salarié·e·s. J'ai donné à l'officier toutes les informations que j'avais en ma possession afin d'expliquer mon rôle dans l'entreprise, pour quels clients j'avais travaillé et pourquoi j'en étais partie en claquant la porte.


Il s'est ainsi avéré que j'étais victime et non mise en cause. Au final, avec l'officier, nous avons beaucoup échangé au sujet de rumeurs et de faits survenus en marge du volet financier de l'affaire. Je crois en avoir appris plus sur certaines personnes pendant cette audition que pendant mes deux dernières années dans l'entreprise.


La Brigade Financière ne m'a plus rappelée suite à cela et c'est grâce à cet article que j'ai eu des nouvelles de l'affaire. Par la suite, j'ai également gagné mon action prud'homale contre Serica, les juges m'ayant donné gain de cause.

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